HYL, un rappeur toulousain puissance trois

 

Lauréat du Prix d’écriture Claude Nougaro l’an dernier, HYL a créé trois rappeurs qu’il incarne tour à tour avec une maestria qui impressionne. 

On s’est souvent demandé si cet artiste était totalement perché… ou génial. À l’écoute attentive de sa première mixtape, « Ponctuation », on penche définitivement pour la seconde proposition… en n’écartant pas totalement la première ! Car HYL est un rappeur toulousain au talent décidément singulier.

Ou plus exactement triple. Yoann, alias HYL, est en effet trois rappeurs en un. Il endosse tour à tour trois personnages, trois rôles aussi différents qu’il est possible de l’être, avec une rapidité, un humour et un talent réjouissants, tout en s’appuyant sur une écriture aiguisée, profonde et redoutablement efficace.

Le Prix d’écriture Claude Nougaro a d’ailleurs été décerné en 2019 au jeune homme, pour saluer, au-delà du concept « 3 artistes en un », des idées, une réflexion et une plume parfaitement aiguisées.

Un rappeur, trois personnages

Mais pourquoi ces trois personnages ? « Tout a commencé avec mes premiers clips, dans lesquels je créais, séparément, ces trois personnages, explique-t-il. Puis, je les ai fait évoluer, en allant parfois vers la caricature et l’excès, en les confrontant, comme s’il s’agissait de trois frères. Beaucoup croient qu’il s’agit de véritables triplets ! »

Venu du monde du graphisme, Yoann/HYL n’ignore rien de l’importance de l’image dans le monde d’aujourd’hui et ses idoles, de Hocus Pocus aux Gorillaz de Damon Albarn, lui ont montré la voie d’une exigence artistique alliée sur une proposition visuelle hors-norme.

Des inspirations diverses

Ses trois « avatars » se croisent dans ses clips (il vient de sortir coup sur coup ceux de « J’sais pas… » et « Samedi », tous deux visibles sur les plateformes de vidéo) et leurs personnalités bien distinctes s’entrechoquent pour créer un univers passionnant.

HYL nous les présente :

« Exclamation », qui est drôle et joyeux : ses productions sont jazzy et groovy,

«Interrogation », lui, est révolté, sombre, inquiétant. Il a un œil blanc comme Marilyn Manson et son univers est d’une clinique mentale, car il flirte avec la folie, et son flow dérange, bouscule. 

« Suspension », qui rappe des textes poignants, des histoires fortes et parfois, assez tristes… »

HYL a su s’entourer pour développer ce projet : « J’écris les textes et la mise en scène, confie-t-il. Je veux toujours aller plus loin dans ce « rap schizélectrique », et c’est pourquoi je travaille avec huit compositeurs, qui m’aident à repousser mes limites musicales et artistiques. »

Grâce à ses textes touchants et ses compositions dans lesquelles il allie habilement rap, mélodies pop et rythmes électro, l’artiste toulousain HYL monte en puissance dans le paysage musical français. 

HYL a dévoilé en 2023 son EP « Monopoly », composé de 8 morceaux. L’artiste se livre sur son passage à la vie d’adulte, une période marquée par des incertitudes mais aussi riche en apprentissages. 

Je fais de la musique depuis tout petit. J’ai commencé en jouant de la guitare mais apprendre des morceaux m’a vite lassé, j’ai très vite écrit mes propres chansons. Je suis passé dans plusieurs groupes avec des styles différents : un groupe de hard rock pendant 7 ans, puis un de funk, et un autre qui dérivait vers le hiphop et le jazz.
J’ai vite rêvé de vivre de la musique mais j’ai choisi de continuer mes études et je suis devenu directeur artistique en agence de communication à Paris.
A la suite d’une période de doute, j’ai démissionné en 2018 pour réaliser mon rêve. 

Dans ma famille personne ne fais de la musique mais ils me soutiennent beaucoup. Ma mère a été la première à croire en moi et m’a toujours soutenu. Mon père était un peu plus réticent à l’idée que j’en fasse mon métier mais aujourd’hui ils m’aident beaucoup tous les deux, mentalement et financièrement. C’est pareil pour mon frère et ma sœur et c’est même elle qui a réalisé toute la décoration de la Release Party au Connexion Toulouse.

L’album Monopoly est le récit du passage de l’enfance à l’adulte. 

J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie et je n’ai jamais manqué de rien. En revanche, j’ai plutôt mal vécu cette période où tu comprends que tu deviens adulte et que tu es confronté à toutes les responsabilités que cela engendre. C’est à ce moment que je me suis découvert moi-même.

Hyl et Les Croisements : une sincérité désarmante au fil des bifurcations

Après un premier EP prometteur, « Monopoly »,  HYL dévoile « Les Croisements »

Originaire de Toulouse, Hyl incarne une nouvelle génération d’artistes urbains mêlant poésie brute et réalité sociale. Avec Les Croisements, il explore les dilemmes, les chemins de vie et les bifurcations, des thèmes qui résonnent avec sa propre trajectoire artistique et personnelle. Abandonnant les masques de ses débuts (trois personnages scéniques symbolisant ponctuation et multiplicité), Hyl livre aujourd’hui une musique plus intime et sincère. Fasciné par les mots et les rythmes depuis son plus jeune âge, il a forgé son identité musicale dans les scènes locales et les sessions de freestyle. Sa plume, introspective et précise, évolue à la croisée du rap et de la pop, créant un univers où chaque mot est pesé et chaque note porte un sens.

L’art des sacrifices et des décisions

Dans Les Croisements, la notion de choix est centrale. Il résume cette thématique avec une lucidité désarmante dans le morceau éponyme, où il chante : « Décider, c’est renoncer. » Cette réflexion est enracinée dans son expérience de vie. « Je suis un grand indécis, et cette incapacité à trancher m’a toujours hanté », confie-t-il. Pourtant, il a pris des décisions audacieuses pour se consacrer entièrement à la musique, sacrifiant moments en famille, stabilité financière et une part de sa vie personnelle. Malgré tout, il reconnaît aujourd’hui l’importance de trouver un équilibre : « j’essaie de rééquilibrer les choses et de redonner de la place à la vraie vie, en dehors de la musique. »

Ce thème de la perte et du renoncement transparaît également dans « L’Hiver », où il évoque la solitude : « L’hiver coûte bien plus cher quand t’es seul la nuit. » Cette métaphore illustre le réconfort que procure l’amour dans les moments difficiles, mais aussi les sacrifices émotionnels que la musique impose. « Cet hiver sera encore froid pour moi, mais j’espère qu’un jour, il se réchauffera », balance l’artiste, en quête d’un équilibre entre passion et vie personnelle.

Depuis le pari pris en 2019 de se lancer dans la musique, le Toulousain bosse dur pour se faire une place dans les oreilles et le cœur du public amateur de rap un peu pop. Heureusement, derrière la figure du rappeur à casquette jaune qui fait office de visage au projet, se cache un trio composé des musiciens Florent Maurin (musicien) et Hoodie Boy (compositeur principal) qui œuvre à mettre en valeur la plume de leur comparse.

Un processus créatif entre spontanéité et introspection

L’écriture est au cœur de l’univers d’Hyl, et son processus créatif varie selon les moments. Parfois, ses textes naissent dans des instants volés (dans le métro ou un train), avant d’être habillés par ses musiciens. D’autres fois, une mélodie ou une production inspirée par ses collaborateurs devient le point de départ d’une chanson. « C’est cette diversité de processus qui rend les morceaux si différents les uns des autres », souligne-t-il.

Certains titres, comme « Je ne veux pas rentrer », sont particulièrement personnels. Écrit à un moment de déracinement, ce morceau capture une période où il n’avait plus d’appartement et se sentait perdu. De même, « Adulescence », adressé à l’enfant qu’il était, relie ses deux projets majeurs, Monopoly et Les Croisements. « Ce sont des morceaux très introspectifs qui m’ont marqué profondément, jusqu’à devoir travailler leur interprétation pour éviter qu’ils ne m’émeuvent trop sur scène », avoue-t-il.

Une connexion forte avec son public

Dans un monde musical dominé par le numérique, Hyl valorise les interactions authentiques avec son public. Très actif sur Instagram, il prend le temps de répondre à tous les messages et commentaires, cultivant une proximité sincère avec ses fans. Lors des concerts, il prolonge l’expérience par des moments d’échange après ses performances, notamment au stand de merchandising. « Ces discussions sont essentielles. Elles me permettent de mesurer l’impact de ma musique et de sentir le soutien des gens qui croient en moi. »

Hyl toujours en mouvement

 

Toujours en quête de nouveaux horizons, Hyl prépare déjà son troisième projet, déterminé à affiner encore son style et à explorer d’autres facettes de son univers. « Ce prochain album sera crucial pour dessiner définitivement notre identité musicale », affirme-t-il.

En attendant, Les Croisements continue d’offrir au public un voyage introspectif et universel, où chaque chanson est une invitation à réfléchir sur ses propres chemins de vie. À la croisée des genres et des émotions, Hyl est un artiste en mouvement perpétuel, porté par une passion indéfectible pour la musique et une volonté de toucher les âmes.

                                            Rappeur de chansons.

HYL se définit entre la chanson et un rap nouvelle vague, pop, électro coloré.

Des mots pour dessiner des mélodies dans la lignée d’Orelsan, Gaël Faye, ou l’énergie communicative deThérapie TAXI, à mi-chemin entre l’insouciance et la prise de conscience. HYL, c’est les larmes d’un sourire, l’espoir dans le désenchantement.


Sa cour de récré, c’était déjà la scène il y a 15 ans. HardRock, Funk, Jazz/Groove, plusieurs groupes avant de serebaptiser seul avec trois lettres, en s’entourant d’un dessinateur (NopantsMan), d’un compositeur (Hoodie Boy) et d’unmusicien (Florent). Un parcours aux couleurs éclectiques qui laisse des traces dans sa musique avec l’envie de la penser comme un dessin.

2019 signe sa naissance publique avec la victoire du Prix Claude Nougaro. Puis plus d’une centaine de salles et festivals s’ajoutent à sa route jusqu’à aujourd’hui. Mais également des premières parties : Bigflo &Oli, Médine, AllttA, Danakil ou encore Alain Souchon lors des Rencontres d’Astaffort en 2021 qui lui remettront le Prix Voix du Sud. Il le dit lui-même « c’est sur scène que son projet prend vie ».

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